Refuser une CRPC : Quelles conséquences ?

Hannah Genin-Schmite, Avocat au Barreau de Chartres

Vous avez reçu une convocation pour une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), parfois appelée à tort « plaider coupable à la française ». Une question revient très souvent : est-il possible de refuser une CRPC ? Et si oui, quelles en sont les conséquences ?

Contrairement à une idée reçue, vous n’êtes jamais obligé d’accepter une CRPC. Refuser cette procédure est un droit. En revanche, cette décision doit être mûrement réfléchie, car elle peut avoir des conséquences importantes sur la suite de votre dossier.

Si vous êtes convoqué dans le cadre d’une CRPC, il est vivement conseillé de consulter un avocat intervenant exclusivement en matière pénale avant de prendre position.

QU’EST-CE QU’UNE CRPC ?

La comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité est une procédure prévue par les articles 495-7 à 495-16 du Code de procédure pénale.

Elle permet au Procureur de la République de proposer une ou plusieurs peines à une personne qui reconnaît les faits qui lui sont reprochés.

La proposition peut notamment porter sur :

• Une peine d’amende,
• Une peine d’emprisonnement, éventuellement assortie d’un sursis ou aménagée lorsque la loi le permet,
• Un travail d’intérêt général,
• Un stage,
• Des peines complémentaires prévues par la loi pour l’infraction concernée.

Si la proposition est acceptée, elle est ensuite soumise à un magistrat du siège chargé de vérifier que les conditions légales sont réunies avant de l’homologuer ou de la refuser.

PEUT-ON REFUSER UNE CRPC ?

Oui : la CRPC repose sur le consentement de la personne poursuivie. Vous pouvez donc refuser la proposition du Procureur, que vous contestiez les faits ou que vous estimiez simplement que la peine proposée est inadaptée.

Vous pouvez également refuser si vous considérez que le dossier comporte des faiblesses ou que certaines irrégularités méritent d’être examinées par le tribunal.

QUE SE PASSE-T-IL APRÈS UN REFUS ?

Le refus d’une CRPC n’entraîne pas une condamnation automatique.

Le Procureur de la République peut notamment décider :

• De citer la personne devant le tribunal correctionnel,
• De poursuivre les investigations si cela apparaît nécessaire,
• Plus rarement, de mettre en œuvre un autre mode de poursuite ou de décider d’un classement sans suite si les circonstances le justifient.

Devant le tribunal correctionnel, l’affaire sera examinée de manière contradictoire. Le ministère public devra soutenir les poursuites et la défense pourra discuter les faits, les preuves, la qualification juridique ou encore la régularité de la procédure.

REFUSER UNE CRPC EST-IL RISQUÉ ?

Tout dépend du dossier : si les faits sont établis, que les preuves sont nombreuses et que la peine proposée est particulièrement favorable, accepter la CRPC peut parfois constituer une solution adaptée.

En revanche, si les preuves sont discutables, si la qualification pénale paraît contestable ou si des nullités de procédure sont susceptibles d’être soulevées, un débat devant le tribunal correctionnel peut être préférable.

Il n’existe donc aucune réponse universelle. La décision doit être prise au regard des éléments du dossier et de votre situation personnelle.

PEUT-ON NÉGOCIER LA PEINE PROPOSÉE ?

Oui : l’avocat échange avec le Procureur de la République avant que la proposition ne soit définitivement présentée afin d’exposer les éléments favorables au dossier : absence d’antécédents, insertion professionnelle, indemnisation de la victime, personnalité ou circonstances particulières.

En pratique, l’issue de ces échanges dépend de chaque parquet et des caractéristiques de l’affaire. Il ne peut jamais être garanti qu’une peine plus favorable sera proposée.

POURQUOI ÊTRE ASSISTÉ PAR UN AVOCAT ?

La présence d’un avocat est obligatoire dans le cadre d’une CRPC.

Son rôle est notamment de :

• Expliquer les conséquences juridiques de l’acceptation ou du refus,
• Analyser les éléments de preuve réunis par l’enquête,
• Vérifier la régularité de la procédure,
• Apprécier les chances de succès devant le tribunal correctionnel,
• Vous conseiller sur la stratégie de défense la plus adaptée à votre situation.

Accepter une CRPC uniquement pour « en finir rapidement » ou refuser par principe est rarement une bonne approche.

Chaque décision doit être prise après une analyse complète du dossier.

VOTRE AVOCAT INTERVENANT EXCLUSIVEMENT EN MATIÈRE PÉNALE

Maître Hannah GENIN-SCHMITE exerce exclusivement en droit pénal et assiste les personnes convoquées dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.

Le cabinet intervient avant l’entretien avec le procureur, lors de la phase d’homologation et, en cas de refus de la CRPC, devant le tribunal correctionnel afin d’assurer votre défense.

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