Combien de temps dure une enquête pénale ?

Hannah Genin-Schmite, Avocat au Barreau de Chartres

L’une des premières questions posées à un avocat intervenant exclusivement en matière pénale est souvent la suivante : « Combien de temps va durer l’enquête ? »

La réponse est simple : il n’existe aucun délai unique applicable à toutes les enquêtes pénales.

Certaines sont clôturées en quelques semaines, tandis que d’autres peuvent se poursuivre pendant plusieurs mois, voire plusieurs années.

La durée dépend de nombreux facteurs, notamment de la complexité des faits, du nombre de personnes impliquées, des investigations nécessaires et de l’encombrement des services d’enquête.

Si vous faites l’objet d’une enquête pénale, il est important de comprendre le déroulement de la procédure afin de mieux anticiper les différentes étapes.

QU’EST-CE QU’UNE ENQUÊTE PÉNALE ?

L’enquête pénale est la phase durant laquelle les services de police ou de gendarmerie recueillent les éléments permettant de déterminer si une infraction a été commise et, le cas échéant, d’en identifier l’auteur.

Les enquêteurs peuvent notamment procéder à :

• Des auditions de témoins ou de personnes mises en cause,
• Des garde à vue,
• Des perquisitions,
• Des saisies de documents ou de matériels informatiques,
• Des réquisitions auprès des opérateurs téléphoniques ou des établissements bancaires,
• Des expertises techniques ou médicales,
• Des confrontations.

A l’issue de ces investigations, le dossier est transmis au Procureur de la République, qui décide de la suite à donner à la procédure.

EXISTE-T-IL UN DÉLAI LÉGAL ?

En pratique, la réponse dépend du type d’enquête :

1/ L’ENQUÊTE DE FLAGRANCE

L’enquête de flagrance est ouverte lorsqu’une infraction vient de se commettre ou est en train de se commettre.

En principe, elle dure huit jours. Le Procureur de la République peut toutefois autoriser sa prolongation lorsque les investigations nécessaires à la manifestation de la vérité ne peuvent être achevées dans ce délai, dans les conditions prévues par le Code de procédure pénale.

2/ L’ENQUÊTE PRÉLIMINAIRE

L’enquête préliminaire est le cadre d’enquête le plus fréquent.

Depuis la loi n° 2021-1729 du 22 décembre 2021, sa durée est en principe limitée à deux ans à compter du premier acte d’enquête, avec la possibilité, dans certaines situations prévues par la loi, d’une prolongation d’un an autorisée par le Procureur de la République.

Toutefois, ces règles comportent des exceptions et leur application dépend notamment de la nature des investigations et du régime procédural concerné.

POURQUOI CERTAINES ENQUÊTES DURENT-ELLES PLUSIEURS ANNÉES ?

La duré e d’une enquête dépend notamment :

• De la gravité des faits,
• Du nombre de victimes ou de personnes mises en cause,
• De l’exploitation des téléphones et du matériel informatique,
• Des analyses ADN ou toxicologiques,
• Des expertises psychiatriques ou psychologiques,
• Des commissions rogatoires internationales,
• De la charge de travail des services enquêteurs et des juridictions.

Les dossiers de criminalité organisée, de trafic de stupéfiants, de blanchiment, de fraude fiscale ou de délinquance financière nécessitent souvent des investigations particulièrement longues.

PEUT-ON CONNAÎTRE L’AVANCEMENT DE L’ENQUÊTE ?

Il est fréquent que plusieurs mois s’écoulent sans qu’aucune information ne soit communiquée à la personne concernée.
Ce silence ne signifie pas nécessairement que la procédure est abandonnée.

Les enquêteurs peuvent continuer leurs investigations sans convoquer de nouveau la personne mise en cause.

Dans certaines hypothèses prévues par le Code de procédure pénale, une personne mise en cause peut demander à connaître la suite réservée à la procédure ou solliciter l’exercice de certains droits.

QUE SE PASSE-T-IL À LA FIN DE L’ENQUÊTE ?

Une fois les investigations terminées, plusieurs décisions sont possibles :

• Un classement sans suite,
• Une mesure alternative aux poursuites (par exemple, une composition pénale lorsque les conditions légales sont réunies),
• Une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC),
• Une convocation devant le tribunal correctionnel,
• L’ouverture d’une information judiciaire devant le juge d’instruction pour les affaires qui le justifient.

La décision appartient au Procureur de la République, qui apprécie les éléments recueillis au cours de l’enquête.

POURQUOI ÊTRE ASSISTÉ PAR UN AVOCAT PENDANT L’ENQUÊTE ?

L’absence de convocation pendant plusieurs mois ne signifie pas qu’il n’y a rien à faire.

Votre avocat intervenant exclusivement en matière pénale peut :

• Vous expliquer le déroulement de la procédure,
• Vérifier les droits dont vous disposez selon l’état d’avancement du dossier,
• Pré parer vos auditions si une nouvelle convocation intervient,
• Vous assister lors d’une garde à vue ou d’une audition libre,
• Intervenir dès qu’une procédure devient communicable afin d’en analyser le contenu et de définir une stratégie de défense.

Une intervention précoce permet souvent d’anticiper les difficultés plutôt que de les subir au moment de la convocation devant le tribunal.

Maître Hannah GENIN-SCHMITE exerce exclusivement en droit pénal et accompagne les personnes mises en cause comme les victimes à toutes les étapes de la procédure pénale.

Le cabinet intervient dès le début de l’enquête, lors des auditions, des gardes à vue, des confrontations et jusqu’à l’audience devant les juridictions pénales.

Vous avez reçu une convocation de la police ou de la gendarmerie, vous êtes placé en garde à vue ou vous souhaitez connaître vos droits pendant l’enquête ?

Contactez le cabinet HGS AVOCAT, joignable 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour toute urgence pénale ou par mail.

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